Retour à Fécamp par la vélo maritime
Départ sous la grisaille, via le port de Dieppe et le bout de la promenade, où le ferry est à quai. Ça tire dans les jambes et les fesses commencent à faire un peu mal : pas très à l’aise, je baisse la selle de quelques millimètres. Aujourd’hui, ça va grimper, puisqu’on longe la côte.
Sortie via la côte vers Pourville, avec un arrêt au même panorama qu’il y a huit jours, à la fin de la randonnée en famille. Pourtant je ne connaissais pas cet endroit avant, et voilà deux fois en huit jours. Arrêt sur la plage de Pourville : le temps est bouché, on ne voit pas au-delà du port de Dieppe.
Nouvelle côte pour Varengeville-sur-Mer par la route principale. Le balisage en indique bien plus raide au plus près de la falaise mais on passe notre tour. En haut, on prend les petites ruelles, en passant devant de belles demeures, puis une impasse nous mène vers l’église et le célèbre cimetière marin, où repose notamment le peintre Georges Braque. Nouveau point de vue, puis descente par un chemin forestier jusqu’à Sainte-Marguerite-sur-Mer, puis Quiberville, pour un nouvel arrêt.
Le vent est vraiment fort dans la ligne droite. Forcément, ça remonte sur le plateau, et les gouttes s’intensifient. On passe par une petite route fermée à la circulation, sans doute à cause de risques d’éboulement : je ne me suis pas arrêté en pleine bosse pour lire le panneau. On arrive aux escaliers de Sotteville-sur-Mer : je descends, mais la remontée pique les jambes.
La pluie s’intensifie, et avec le vent on est trempés. On a presque froid, mais trop tard pour enfiler la veste coupe-vent. Direction Veules-les-Roses, toujours autant de monde malgré la météo : on ne s’attarde pas. Nouvel arrêt à Blosseville, dans un abribus, pour se protéger et manger un peu. Pas vraiment tenté par la lecture de Rika Zarai qui traîne là, mais Sébastien embarque un Harlan Coben.
Je me souviens du passage par Manneville-ès-Plains, avec sa mare au centre du village, lors du GR21. Ce n’est pourtant pas près de la mer, mais le sentier pédestre passait par là aussi. Descente vers Saint-Valery-en-Caux : le balisage renvoie vers l’intérieur des terres avant le port, mais on y va quand même, et on s’arrête même acheter un sandwich pour manger plus solide. Nouvelle interruption avec le pont en manœuvre, juste devant la maison Henri IV.
Ça repart dans la vallée, mais impossible d’éviter une côte : pas la plus longue, mais celle avec le plus fort pourcentage depuis le début. La fin est moins dure, mais le vent de face n’aide pas. Arrêt sur la piste d’un aérodrome avant de redescendre sur Veulettes-sur-Mer. Là, enfin du plat, avec le vent dans le dos : on se lâche un peu, même si on devrait s’économiser.
Dernière fois qu’on voit la mer : on s’arrête manger un peu, la pluie s’est calmée. On repart par la vallée, en espérant monter en pente douce. Mauvaise pioche : au premier virage à droite arrive la pire côte de la journée, avec des passages à plus de 10 %. Je me mets en danseuse, la sacoche de selle secoue un peu, je suis tout à gauche mais le cardio continue de grimper. Heureusement, la pente s’adoucit et je peux aller au bout. Je ne fais plus beaucoup de vélo, mais je suis content d’arriver encore à tenir ce genre de sortie.
Petit embrouillage du GPS vers Auberville-la-Manuel : on est encore à travers champs, mais le lin est couché, donc plus aucun obstacle pour nous protéger du vent. Heureusement, on est deux, et ça fait du bien de pouvoir s’abriter un peu le temps d’un relais. On n’est plus très loin des Petites Dalles, sans y descendre, la descente rapide qui suit nous confirme qu’on s’en approche. Heureusement, la côte vers Sassetot-le-Mauconduit n’est pas aussi difficile : je prends mon rythme, c’est la dernière vraie côte.
Petit arrêt devant le château de Sissi, à Sassetot, l’ancienne résidence d’été de l’impératrice Elisabeth d’Autriche, venue s’y installer en 1875. C’est le dernier bout : on sait qu’il n’y a plus rien à voir, alors on a un peu envie d’en finir. Quelques cuvettes où l’on prend son élan pour gravir une bonne partie de la montée suivante ; le vent me sape le moral avec la fatigue, et je me réjouis à chaque changement de direction.
Dernier arrêt à Életot, ça fait beaucoup d’arrêts, mais ça permet de manger à coup sûr et de souffler un peu. Je suis content de ma gestion de la journée : je n’ai jamais ressenti de coup de barre, malgré des conditions difficiles. La route vers Senneville-sur-Fécamp ressemble un peu à du gravel. On coupe la route principale, et c’est la dernière descente : on arrive très vite à Fécamp, pour boucler notre périple de deux jours. Contents et fiers d’avoir fait cette balade.






















